Theo Derenne

Photographe amateur, voyageur passionné

Trek de 7 jours dans les Dolomites, entre bivouacs et refuges

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 Itinéraire de 7 jours dans les Dolomites - 120 km
Itinéraire de 7 jours dans les Dolomites – 120 km

Aspects pratiques :

  • Départ : San Candido
  • Arrivée : Selva di Val Gardena
  • Longueur : 120 km, 7200m D+
  • Durée : 7 jours, 6 nuits
  • Marche : En moyenne 15 km / jour, 1000m D+ / jour
  • Retour : Stop jusqu’à Corvara di Badia, bus 460 jusqu’à Brunico, et train jusqu’à San Candido

Récit

Enfin partis ! Après 6 mois de préparation pour un voyage en Roumanie, trek dans les Carpates, auto-stop à la rencontre des habitants, nous sommes contraints de nous rabattre (à cause de ce maudit covid), sur l’Italie, et ses mythiques Dolomites ! Sans doute propulsées par les nombreuses photos et récits partagés sur les réseaux sociaux, les Dolomites voient depuis quelques années une explosion du tourisme. Guillaume et moi n’y avons pas échappés, et on se dit finalement que la Roumanie n’est que partie remise et que les Dolomites font un magnifique lot de consolation 🙂

Les Dolomites forment un massif montagneux au nord de l’Italie, dont le plus haut sommet s’élève à 3343m. Je ne le sais pas encore à ce moment-là, mais il s’agit en réalité d’un ancien récif corallien géant vieux de quelques 150 millions d’années, qui s’est depuis pétrifié, puis remodelé au fil des ères géologiques. Ainsi, ces couches sédimentaires calcaires et la marque d’anciens glaciers composent une géographie très variée, spectaculaire, pour le plus grand bonheur des randonneurs.

Le nouveau plan est donc de partir pour un trek de 7 jours en sac à dos à travers les différents massifs, environ 120 km, à partir d’un itinéraire trouvé sur un site de voyage organisé, dont les nuits se faisaient exclusivement en refuge (https://www.altituderando.com/altimag/trek-7-jours-traversee-dolomites/). Pour notre part nous souhaitons faire un maximum de bivouac – mais on va vite réaliser que ce n’est pas autorisé dans les parcs et que l’on va devoir un peu… ruser !

On prend donc la route mi-septembre avec un ami, au départ de Lyon, musique à fond, carte sur les genoux et boussole dans le sac. 7h de voiture plus tard, et une nuit en camping dans les Alpes italiennes, nous voilà donc à San Candido, dans la région du Sud-Tyrol, 150 km au Nord de Venise, et sous la frontière autrichienne.

On fait nos courses dans le centre, et on passe 2h à se répartir les repas dans nos sacs respectifs. L’idée est de partir pour 4/5 jours en autonomie alimentaire, et lorsque les stocks sont épuisés, faire quelques courses et alterner pique-nique et restaurants en refuge.

Finalement, nous laissons la voiture après la zone des remontées mécaniques à 1200m d’altitude, et entamons enfin le sentier, qui commence raide ! On porte chacun environ 18 kg. Coordonnées exactes du départ : 46°43’36.7″N 12°17’01.1″E

Au départ de San Candido

On est très vite dans l’ambiance. Forêt de conifères, très sombre, douce odeur légèrement acide d’aiguilles de pins et de sève. Les bruits de la route s’effacent, et les sons assourdis de nos pas sur le chemin prennent le dessus. Après 800m de dénivelé positif, on débouche dans une vallée située en contrebas, en-dessous d’un magnifique massif, composé de formations rocheuses uniques au monde, des cheminées de fées en… dolomites ! Et oui, la dolomite est un minéral, qui forme une roche, la dolomie, qui a été identifiée pour la première fois dans la région où nous nous trouvons, en Tyrol du Sud. En revanche ce n’est toujours pas clair qui a donné le nom à qui, la région à la roche, ou la roche à la région…. ^_^ 👀

Seulement, le ciel s’assombrit à une allure folle, et nous forçons le pas pour rejoindre le premier refuge Dreischusterhütte lorsque les premières gouttes tombent. 5 min plus tard, l’orage éclate et embrase la vallée.

Massif de Punta dei Tre Scarperi
Refuge Dreischusterhütte
Le dortoir, vide !

Passé les 2000m, le chemin redescend autour de 1800m, et file dans le fond de cette vallée impressionnante, ancien glacier qui a laissé derrière lui des tonnes de cailloux et de sable blanc calcaire, qui devient lors de pluie diluvienne un torrent enragé, mais qui aujourd’hui, est bien sec. Seulement, le ciel s’assombrit à une allure folle, et nous forçons le pas pour rejoindre le premier refuge Dreischusterhütte lorsque les premières gouttes tombent. 5 min plus tard, l’orage éclate et embrase la vallée. Le tonnerre résonne et on coure, on se regarde en flippant un peu quand même, on range les appareils photos et on enfile la veste imperméable. On arrive finalement dans ce grand chalet bavarois et, trempés, on s’attable pour boire une bonne première bière locale méritée ! On regarde la carte et on avise de la suite – spot pour bivouaquer quand la pluie aura cessé, et l’itinéraire du lendemain. Finalement, 1h et deux pintes plus tard, la pluie est toujours là et on se dit que finalement, ce refuge a l’air chouette !  🙂 🙂    Effectivement, le repas fut bon et la nuit calme et reposante.

Le lendemain marque le commencement d’une nouvelle routine de trek, avec un réveil à 6h30, petit déjeuner et décollage à 8h. A cet instant, le soleil débouche par-delà les sommets et nous accompagne pour la journée. Nous quittons la vallée par le Sud et après une bonne grimpette, on se retrouve sur un plateau calcaire froid et minéral. C’est l’une des entrées du Parco naturale Tre Cime, dont les vedettes sont ces 3 pains-de-sucres, 3 géants dont les parois vertigineuses de plus de 500m font rêver les alpinistes qui les contemplent. Ce qui nous refroidit à cet endroit, c’est le monde… Des centaines de touristes venus en voiture, en moto ou même en autobus qui profitent d’un parking situé à 1 km de là pour s’avancer sur le plateau. Cela nous agace très vite, et pour s’en soustraire nous nous dirigeons vers le col surplombant le lago Antorno et lago di Misurina. En fin d’après-midi, malgré une petite pluie qui nous refroidit, on ne se laisse pas abattre et on trouve finalement un joli coin pour bivouaquer, aux abords d’un petit torrent, dans une vallée sauvage où l’on ne croise personne. Il fait humide et frais, mais on trouve un peu de bois sec pour faire un chaleureux petit brasier, et nous faire notre première soirée à l’extérieur.

Premier aperçu des Tre Cime
Pour fuir la horde de touristes, on file droit vers le Sud
1er bivouac

Au réveil, les tentes sont trempées. On sort le réchaud, et tandis que le café chauffe, chacun commente sa nuit : très fraîche pour Guillaume qui a pourtant enfilé sa doudoune, et moi qui teste pour la première fois mon duvet de chez Sea to Summit, le Spark II. Plutôt efficace, puisque j’ai dormi en collants avec un tee-shirt et seulement une polaire. On estime que la température s’est approchée de 0°C, mais c’est surtout l’humidité qui nous a gênés.

Réveil humide et frisquet dans la brume matinale

On plie le matos, et c’est parti. Dans la brume matinale, on longe la rivière pour retrouver une vallée plus large, dans laquelle une route assez bruyante se faufile. Un petit détour pour admirer le reflet des cimes sur le Lago di Landro, et c’est reparti pour la montée sur le sentier d’en face, qui s’élève rapidement au-dessus des voitures. Le soleil s’élève vite dans le ciel bleu saphir, et ses rayons nous chauffent les jambes et la tête lorsque les arbres deviennent plus rares. De 1400m à 2200m, les paysages changent vite, et les Tre Cime de la veille sont déjà loin derrière nous. Ici, la végétation est un mélange méditerranéen de pins de montagne et pins sylvestres, de mélèzes orange/vert/jaune, de mousses et de crocus. Le sentier est taillé dans la falaise et l’on découvre des vestiges de la guerre : tunnels, bunkers, canons. La roche extraite de la falaise est utilisée pour soutenir le sentier, parfois pour tenir les échelles ou les ponts de bois qui permettent d’avancer. En haut, on pique-nique dans les alpages en contemplant les grandes prairies du Pratto Piazza. Par ailleurs, on a changé de parc naturel, et nous sommes actuellement dans le Parco Naturale di Fanes-Sennes-Braies. En face, le pic Hohe Gaisl surplombe le refuge du Prato Piazza où nous nous arrêtons prendre un bout de fromage et une bière. Les bonnes résolutions « d’autonomie alimentaire » sont vites oubliées ! 😀  Le soir venu, on s’enfonce dans la forêt à quelques jets de pierre du sentier, et on trouve un joli coin (plat – pas facile) pour monter les tentes. Après une courte toilette dans l’eau glaciale du torrent, on se répartit les tâches : ramassage du bois, construction du banc, des pierres pour délimiter le feu, découpe du saucisson et du fromage à griller sur les flammes… La soirée est agréable, il fait moins froid qu’hier et Guillaume sort une fiole de rhum arrangé maison qui sert de dessert ! Un dernier moment à contempler les étoiles et on file se coucher !

L’alpage de Pratto Piazza
Le camp, 2ème bivouac
Prêt pour la soirée 🙂

Jour 4, déjà ! Réveil 6h30, extraction hors du duvet à 7h (en râlant of course), mais pour le pliage on a le coup de main maintenant ! Oreiller gonflable, boules quies, lunettes / lentilles, lampe de poche, puis matelas, et finalement duvet ! A 7h30, des voix montent de la vallée, et un groupe d’alpinistes passe devant nous, avec cordes, piolets, mousquetons et baudrier. Les regards sont inquisiteurs, pas très accueillants, un peu surpris aussi de tomber sur deux jeunes planqués dans un parc naturel où le camping sauvage est interdit… Après, entre bivouac et camping sauvage la différence est floue, et je considère que lorsque l’on monte la tente le soir après 18h, que l’on plie avant 8h du matin et que l’on ne laisse RIEN derrière nous, cela devrait être autorisé.

La journée s’enchaine vite, grimpette matinale qui débouche sur une jolie falaise, soleil radieux, mais surtout… personne en vue ! On est vraiment seuls ce matin, même les animaux semblent faire la grasse mat’, et on a beau scruter les éboulis, les terriers, rien… Pas une marmotte, un chamois, ou même de rapaces ! Après le premier col, on découvre un cirque gigantesque, époustouflant, un pierrier qui s’étend à perte de vue et que même le 40mm que j’ai pris avec moi ne permet pas de capturer. On avale les kilomètres en discutant joyeusement, on croise deux trois couples et quelques trailers sur ces sentiers de haute montagne, et en fin d’aprem, on crapahute à 2400m sur la crête qui surplombe le Lago Gran de Foses. La descente aux deux lacs par un joli coucher de soleil est pleine d’espoir pour notre bivouac, mais finalement on peine plus que prévu ; un peu de monde se balade quand même à cette heure-là, car le Rifugio Biella n’est pas loin. On part se planquer dans les reliefs environnants, pour tomber nez à nez avec des dizaines de marmottes qui détalent en nous voyant arriver, et enfin, juste avant de poser les tentes, 2 cerfs, magnifiques, qui nous ont gardé la place chaude pour s’installer !

Il faisait sombre et au 40mm, pas évident de prendre de belles photos, mais j’ai tout de même pu immortaliser leurs silhouettes !

L’un des deux cerfs, surpris au coucher du soleil

On monte le camp, mais pas de feu ce soir : nous sommes dans une prairie aux hautes herbes, les cerfs ne sont pas loin, et de toute façon le brouillard tombe. Couchés à 20h après de bonnes pâtes au saumon ! 🙂

Notre 3ème bivouac

Les nuits sont fraiches mais pas autant que la première et cette nuit-là, avec le matelas naturel sous les tentes, le sommeil fut profond. On se met rapidement en marche sans prendre de petit déjeuner, et ce n’est qu’en bas dans la vallée, entre vaches et marmottes, au soleil, que l’on prend des forces avec barres de céréales, du thé, des fruits secs et que l’on se débarbouille dans la rivière.

Nouvelle journée de marche donc, avec au menu de nouvelles forêts, nouvelles montagnes, bonnes montées et bonnes descentes ! Le Lago Piciodel est asséché, victime de la sécheresse prolongée de l’été 2020. On fait encore quelques kilomètres avant le Rifugio Fanes, et on trouve un joli coin près de la rivière pour passer la nuit. La pluie s’installe pour 2h avant de nous laisser profiter un peu de la soirée.

Lever de soleil sur la Cima Lavinores

Les levers de soleil sont toujours aussi beaux, aussi brefs, éclairant d’une pâle lueur rose les cheminées qui nous surplombent, ces donjons, tourelles, citadelles de roches qui ressemblent aux tours de sable mouillé que l’on faisait, gamins, en vacances à la mer. On repart donc après un petit déjeuner copieux au refuge voisin, et c’est une longue ascension jusqu’au col de Mesesc (2533m) qui démarre. Un sentiment d’écrasement mais aussi de liberté nous envahit au cours de ces 10 km dans cet immense cirque de pierre, dominé par des 3000 reliés entre eux par de longues murailles dentelées. Un petit crochet au lac Paromsee nous permet de voir, dans l’éboulis, une dizaine de chamois sautiller et jouer dans les roches. La grande descente dans la station bourgeoise de La Villa nous rend morose, le dur retour à la civilisation. Le soir, nous passons notre dernière nuit dans les Dolomites au refuge Gardenacia (2050m) qui nous permet de prendre (enfin !) une douche chaude, recharger les portables, et regoûter aux excellentes canederli, spécialités de la région, qui se mangent accompagnées de leur bouillon de viande. C’est copieux et pas vraiment raffiné, mais le goût et la texture sont nouveaux pour nous, et on les dévore ! Voilà une bonne recette que j’ai pu retester en rentrant : https://www.speck.it/fr/recettes/canederli-de-speck/. La pluie tombe dehors et on est bien content de ne pas devoir monter la tente ce soir…

Lac Paromsee – chamois (invisibles sur cette photo) en arrière plan

A l’abri sur la terrasse du refuge Gardenacia

Jour 7. La fatigue et le vin de la veille tapent un peu sur le crâne ce matin, et l’échéance du voyage nous rend un peu triste. On décolle vers 8h30, mais rapidement la brume surgit et envahit la montagne. On se retrouve aussitôt isolés, coupés du monde, guidés simplement par la boussole, la carte et les sons de cloche des moutons. C’est assez magique, on profite à fond. On passe un col à 2600m, notre plus haut point du trek, on boit un café au refuge Puez, et on redescend dans la magnifique vallée de Pra da ri, magnifique canyon dont la forêt verdoyante au fond contraste avec la roche sombre de ses flancs. La pluie approche mais on a du mal à avancer, on s’arrête tous les 100m pour prendre de nouvelles photos, profiter de la vue et des nuages accrochés aux montagnes, et repousser le moment fatidique où l’on devra quitter ces géants pétrifiés. Finalement les nuages nous rattrapent et on termine le trek en marche forcée sous la pluie battante, pour aller s’abriter dans un restaurant et célébrer la fin de ce trek magnifique.

Dernière marche, assez épique, sous la pluie battante

Le retour se fait en 3h, auto-stop en deux fois de Selva di Val Gardena jusqu’à Corvara di Badia, puis on monte dans le bus 460 à direction de Brunico, où l’on prend un train pour San Candido, et finalement retrouver, la voiture. On repart avec des images plein la tête, en ayant pris une bonne claque de nature et de liberté.

Theo

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2 thoughts on “Trek de 7 jours dans les Dolomites, entre bivouacs et refuges

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